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Blog de Marc. Informations, trouvailles et autres bidules sont au rendez-vous.

Retoucher ou ne pas retoucher, telle est la question!

Est-ce un dilemme qui vous habite? Vous posez-vous la question, ou vous voyez plutôt la retouche comme étant nécessaire? Ou au contraire, vous vous dites puriste et que jamais, au grand jamais, on ne devrait retoucher une photo? Continuez la lecture de ce billet, la suite pourrait vous intéresser.

Bayer, mais pas le même que l’Aspirine

 Matrice de Bayer. Image tirée de Wikipedia et produite par Colin Burnett  https://en.wikipedia.org/wiki/User:Cburnett

Matrice de Bayer. Image tirée de Wikipedia et produite par Colin Burnett

https://en.wikipedia.org/wiki/User:Cburnett

Saviez-vous que le capteur de votre appareil est monochrome? En effet, celui-ci est composé de photodiodes qui ne réagissent qu’à l’intensité et la couleur n’a aucun effet sur elles. Pour simuler la couleur, un chercheur chez Kodak, Bryce E. Bayer, a eu la brillante idée de mettre des filtres devant chaque diode afin de ne laisser passer qu’une seule couleur primaire (rouge, vert ou bleu - ou cyan, magenta ou jaune sur certains capteurs). Ensuite, on mesure l’intensité, on applique des algorithmes pour faire l’interpolation des valeurs RVB de chaque pixel et voilà, vous avez une image couleur. C’est un peu plus compliqué que ça, mais disons que pour les besoins de l’article, je vais m’arrêter là. Vous devez bien vous douter que les résultat n’est pas parfait et que certains artéfacts peuvent être produits (pensez au bruit dans les zones sombres des photos).

RAW vs JPEG

Eh oui, je vous reparle de RAW et JPEG. Encore. Lorsque vous choisissez de produire un JPEG, l’appareil se charge de faire une optimisation de l’image (netteté - sharpen en anglais, amélioration du contraste, ajustement de la saturation des couleurs, etc). L’image produite sera donc optimisée, mais étant donné que la compression JPEG est du type « lossy », c’est à dire qu’elle enlève de l’information à l’image pour la rendre plus compacte, les traitements subséquents peuvent diminuer la qualité globale de l’image. Au contraire, la photo en format RAW (ou brut, si vous y tenez absolument), est l’image enregistrée par le capteur, avec le minimum de traitement. Si vous regardez une image RAW sur votre ordinateur (sans l’ingérer dans votre logiciel de traitement photo, qui peut appliquer un traitement dès l’importation), vous risquez d’être déçu. L’image sera fade et possiblement qu’elle manquera de netteté. Vous remettrez même en question la qualité de votre appareil. Ou de la santé mentale des gens qui vous disent de prendre vos photos en RAW. Vous voyez où je m'en vais?

Types de retouches

On peut dire qu’il existe deux types de retouches: celle pour optimiser la qualité et celle pour altérer l’image. Je vous accorde que l’optimisation de la qualité altère l’image, mais disons qu’altération est utilisé ici pour préciser qu’on modifie un élément de la photo en changeant sa forme, en le supprimant ou en ajoutant des éléments absents lors de la prise de vue.

Optimisation

Soyons francs: l’appareil ne peut faire mieux que ce que nous lui disons de faire. J’aime beaucoup entendre Tony Corbell dire qu’il préfère prendre un bon souper plutôt que de traiter ses photos. Il préconise de faire un bon travail en amont afin de s’éviter beaucoup de travail en post-prod. C’est logique, et nous devrions vouloir atteindre une certaine expertise technique pour assurer de bonnes expositions. 

L’optimisation se limiterait donc à compenser des limitations de l’appareil si nous nous appliquions à faire une exposition parfaite. Si vous êtes comme moi et que votre maîtrise n’est pas à son sommet (loin de là!), vous devrez travailler un peu plus pour donner un peu de punch à vos images. Mon opinion est que vous devriez au minimum ajuster la netteté et la saturation sur vos meilleures photos, celles que vous voulez partager ou imprimer. Au minimum. Pour tirer le maximum de vos images, vous devez en faire un peu plus, mais pas nécessairement beaucoup plus.   

Pour vous donner une idée, j’utilise présentement Lightroom pour classer et faire le traitement de base de mes images. La première chose que je fais en ouvrant l'image, est de la recadrer si elle en a besoin (soit parce qu’elle est un peu croche, ou qu’un autre aspect aurait plus d’impact). Ensuite, j’ajuste la balance de blanc et l’exposition. Je trouve mes points de blanc et de noir (j’ajuste la plage dynamique, quoi!), et au besoin je travaille sur les hautes lumière et/ou les ombres. Viennent ensuite la clarté et la vibrance/saturation. Et à la toute fin, j’ajuste la netteté. Ça semble beaucoup, et fastidieux, mais ça prend en réalité quelques minutes avec de la pratique. Si je vois des points de poussières, je les corrige assez tôt dans le processus. Une image passera de bof... à  wow! en quelques minutes. Ou si vous êtes critiques envers vous-même, elle passera de bof... à pas si pire. Si on oublie le recadrage, le but de ce traitement est d'augmenter les contrastes et la saturation des couleurs afin de compenser pour les limitations de l'appareil. C'est aussi important de noter qu'il ne faut pas trop pousser car l'image finale aura l'air artificielle, si on peut dire. Il faut faire attention avec la netteté et la clarté car un traitement trop poussé amènera son lot de bruit à l'image.

 Exemple d'une mauvaise exposition qui a pu être récupérée et traitée pour être optimisée. La portion de gauche provient de l'image sans traitement et la portion de droite provient de l'image optimisée. C'est aussi un bel exemple de l'appareil qui tente de ramener le blanc à 18% gris, ce qui fait en sorte que l'image est sous exposée.

Exemple d'une mauvaise exposition qui a pu être récupérée et traitée pour être optimisée. La portion de gauche provient de l'image sans traitement et la portion de droite provient de l'image optimisée. C'est aussi un bel exemple de l'appareil qui tente de ramener le blanc à 18% gris, ce qui fait en sorte que l'image est sous exposée.

Il se pourrait que votre appareil sature trop les verts, mais que les rouges ne le soient pas assez. Votre ciel est trop exposé et vous auriez peut-être dû employer un filtre de densité neutre gradué. Ce genre de traitement est plus long, mais pas nécessairement beaucoup plus. Ce qui est long, c'est apprendre comment fonctionne nos logiciels de traitement d'images.

Vous vous demandez encore pourquoi ne pas simplement travailler en JPEG, histoire de vous éviter tout ce travail? Cette remise en question est plus que valable et si votre exposition est parfaite et que le rendu final généré par l'appareil vous plaît, pourquoi pas? Il n'y a effectivement pas d'avantage à travailler en RAW. Cependant, dès que l'image a besoin d'être travaillée (car l'exposition n'est pas parfaite, que des couleurs ne sont pas bien rendues ou qu'elle manque de netteté), vous regretterez peut-être de ne pas avoir toutes les informations dans l'image. Dans le doute, configurez votre appareil pour qu'il enregistre les 2 types de fichiers. Vous aurez le JPEG lorsque l'exposition est parfaite et le RAW pour aller chercher le maximum d'informations pour le traitement.

Altération

Vous n'avez pas fait attention lors de la prise de vue et vous vous apercevez trop tard qu'un bâton de ski sort de la tête de votre blonde? Les fils électriques sont trop apparents? Le fond de scène ne couvre pas l'entièreté de l'image? Vous voulez enlever le beau bouton sur le nez de votre adolescent? Vous voulez faire comme des magazines et amincir ou mettre en évidence certaines parties de l'anatomie de votre sujet? On parlera d'altération de l'image.

Si vous êtes un photo-journaliste, vous ne devriez pas altérer vos photos. Les photos devraient représenter la réalité et toute altération n'est pas éthique, même si elle pourrait vous permettre de gagner un prix. Mais il y a de bonnes chances que vous ne soyez pas photo-journaliste! Donc, l'image est celle que vous voulez créer, altérations ou pas. C'est à vous de juger ce qui devrait être fait à l'image pour vous plaire et plaire à votre auditoire. Si vous voulez enlever la boîte postale qui vous dérange, allez-y! Vous voulez ajouter un avion ou des oiseaux dans votre ciel, ou même changer de ciel? C'est votre choix, mais de grâce, ne prétendez pas que c'est l'image originale. Assumez vos choix artistiques!

L'altération est beaucoup plus complexe que l'optimisation et pour faire un travail convenable, il faut des heures et des heures de pratique! Les outils s'améliorent, mais ils ne peuvent faire tout le travail et prendre toutes les décisions. Si vous vous lancez dans cette voie, soyez patient.

Conclusion

Donc, pour répondre à la question initiale, oui, on devrait traiter nos images pour en tirer le maximum. N'allez cependant pas travailler toutes vos photos de toutes vos séances! Lorsque vous faites votre tri, traitez seulement les meilleures pour ne pas perdre votre temps (à moins que vous vouliez vous pratiquer). Pour les puristes, vous devriez tenter l'expérience! Peut-être que, finalement, vous prendrez goût aux résultats...

Sur ce, à vos appareils et faites des expositions parfaites pour limiter le traitement!