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Blog de Marc. Informations, trouvailles et autres bidules sont au rendez-vous.

Photo au flash (2e partie)

Dans le premier billet, j'ai abordé des règles régissant la lumière et comment contrôler l'exposition au flash grâce à l'ouverture, ainsi que de l'utilisation du flash intégré à l'appareil. J'aborderai ici les modes automatiques et manuels des flashs et la mesure de la lumière.

Modes des flashs

Les flashs peuvent être contrôlés totalement par l'appareil ou au contraire, être réglés manuellement par l'utilisateur. Chaque mode a des avantages et des inconvénients, comme toujours. 

TTL

La plupart des manufacturiers supportent le contrôle automatique d'un flash avec le TTL (Through The Lens). L'appareil sera en mesure de déterminer l'intensité du flash à utiliser automatiquement en mesurant la luminosité de la scène et l'apport du flash. En gros, lorsque l'utilisateur appuie sur le déclencheur, le flash envoie une série de petits éclairs pour que l'appareil puisse calculer l'exposition et la puissance de flash et ensuite l'ouverture du rideau se fait, le flash lance son éclair et le rideau se ferme. Le tout se fait en une fraction de seconde, mais on peut quelque fois percevoir un délais dans la prise de vue. Si on s'aperçoit que l'appareil calcule mal l'intensité du flash requise pour une bonne exposition, c'est à nous de compenser à l'aide de la fonction prévue à cet effet (devinez quoi: il faut lire le manuel!).

Mon problème avec ce mode, c'est que l'exposition peut varier d'une photo à l'autre, même si les conditions ne changent pas. Certains photographes sont des magiciens du TTL (comme Joe McNally), il est donc possible de réussir d'excellentes photos avec ce mode! 

Sachez que pour utiliser ce mode, le flash et le boîtier doivent être compatibles et chaque manufacturier a des particularités différentes. Vous ne pourrez donc pas utiliser un flash Canon sur un boîtier Sony en mode TTL. Certains manufacturiers (Metz, Nissin, Phottix, Sigma, Yongnuo, etc.) offrent des flashs compatibles avec l'un ou l'autre des modes TTL des grands manufacturiers et leurs prix sont habituellement plus intéressants. Reste à savoir s'ils seront toujours compatibles avec les prochaines versions des appareils. En ce sens, regardez si le manufacturier offre des mises à jour de microgiciel sur son site web.

Notez aussi que vous devrez peut-être vous procurer un émetteur à installer sur votre boîtier à la place du flash si vous voulez utiliser le mode TTL avec un flash à distance. Certains systèmes permettent d'utiliser le flash monté sur le boîtier (ou intégré) comme contrôleur du second, externe.

Manuel

Le mode manuel est, well, manuel. C'est le mode préféré des control freaks dont je fait partie. Pour bien utiliser ce mode, il faut aussi mettre l'appareil en mode manuel car il ne pourra pas mesurer la bonne exposition. On ajuste donc la sensibilité, l'ouverture et on limite la vitesse à la synchro flash. Ensuite, on ajuste la puissance du flash en tenant compte des paramètres précédents, de la distance du sujet et de l'angle de vue.

Ça fait beaucoup de paramètres à gérer et ça explique pourquoi le mode TTL existe. Si l'environnement est contrôlé, comme en studio (ou à la maison pour une scène statique), on peut se permettre de prendre notre temps pour bien ajuster l'exposition. Mais en conditions changeantes, le mode TTL est grandement avantagé.

Pour connaître la bonne exposition, si on n'a pas de posemètre, on a deux choix: on calcule ou on y va par essai-erreur. Je ne suis pas tellement ferré en calcul, j'utilise donc la deuxième méthode. Les photos numériques ne coûtent rien (tant qu'on ne les conserve pas), je n'ai donc pas de problème à prendre 4, 5 ou 25 prises pour trouver l'éclairage approprié. Cependant, l'idéal est d'utiliser un posemètre.

Les flashs manuels sont beaucoup moins dispendieux que les flashs TTL. De plus, ils sont compatibles avec tous les appareils ayant un sabot de flash, du Leica au bidule-machin-truc à $19. Notez cependant que vous pouvez monter un flash TTL sur un appareil qui ne le supporte pas en l'utilisant en manuel. 

Mesure

En TTL, l'appareil fait tout le travail pour nous. On peut préférer ce mode, mais on peut aussi décider d'utiliser le mode manuel. Le problème dans ce cas, est qu'il faut mesurer la scène ou faire quelques photos avant de trouver la bonne exposition. Ou utiliser un posemètre.

L'appareil photo utilise la lumière réfléchie (la lumière provenant de la scène) pour mesurer la lumière. Ceci peut parfois faire en sorte qu'une scène est sous-exposée ou surexposée si le sujet principal est blanc ou très foncé (j'en parle ici). Le posemètre utilise plutôt la lumière incidente, c'est-à-dire la lumière qui atteint le sujet, et non la lumière qui est réfléchie par le sujet. Il faut donc placer le posemètre très près du sujet pour prendre la mesure. Pas tellement pratique pour des photos de paysages, pas vrai?

Je pourrais faire une autre série de billets sur l'utilisation d'un posemètre, mais au strict minimum, voici comment ça fonctionne: dans le posemètre, on entre la sensibilité du capteur et la vitesse d'obturation. On appuie sur le bouton pour lancer la lecture et le posemètre attendra l'éclair du flash. On déclenche le flash, et le posemètre affichera une valeur. Cette valeur est l'ouverture appropriée pour cet éclairage. On ajuste l'ouverture de notre objectif à cette valeur, on prend la photo et le tour est joué. C'est simple, non? Il y a des petites nuances (comme par exemple, où mettre le posemètre, dans quelle direction devrait-il prendre la mesure, etc), mais en gros vous savez comment ça marche.

Un posemètre numérique comme le Seikonic L-308s se vend moins de $300 aujourd'hui. Ça peut paraître dispendieux, mais dites-vous que vous pourriez vous procurer 3 flashs manuels Yongnuo YN-560iii, le contrôleur radio YN-560-TX ET le posemètre pour sensiblement le même prix que le flash haut de gamme chez les gros manufacturiers. Je sais qu'on ne parle pas de la même qualité et des mêmes fonctionnalités, mais c'est une option très intéressante si vous voulez faire de la photo au flash dans un environnement contrôlé.

Conclusion

Les flashs TTL sont très pratiques lorsque les conditions sont changeantes et que les photos se doivent d'être bonnes (comme à un mariage). Les flashs manuels sont idéaux lorsqu'on travaille dans un environnement contrôlé et beaucoup moins dispendieux que les flashs TTL. Dans ce cas, l'utilisation d'un posemètre est grandement recommandé pour éviter des perdre trop de temps à trouver la bonne exposition. Dans le prochain billet, toujours en relation avec la photo au flash, je parlerai de qualité de lumière.

Sur ce, prenez des belles photos... au flash!